La question d’une taxe au kilomètre pour voitures électriques s’inscrit dans un contexte budgétaire précis. La transition vers des véhicules moins polluants entraîne mécaniquement une baisse des recettes issues des carburants traditionnels, comme la TICPE, qui représente plusieurs dizaines de milliards d’euros par an pour l’État. Selon la Cour des comptes, cette diminution progressive pose un problème de financement durable des infrastructures routières et des politiques de transport. Dans ce cadre, taxer l’usage plutôt que l’énergie apparaît comme une piste de réflexion de plus en plus sérieuse.
Chute des recettes carburant et besoin de nouvelles sources de financement
Avec l’augmentation des ventes de voitures électriques et hybrides, les recettes liées à l’essence et au diesel diminuent progressivement. En France, la TICPE rapportait environ 37 milliards d’euros par an avant l’essor massif de l’électromobilité, d’après les données du ministère de l’Économie. Or, les véhicules électriques utilisent les routes de la même manière que les véhicules thermiques, sans contribuer à leur entretien via les taxes sur les carburants. La taxe au kilomètre est donc présentée comme un outil permettant de rétablir une forme d’équité fiscale entre les différents types de motorisation.
Exemples à l’étranger et précédents en France
À l’étranger, plusieurs pays étudient ou expérimentent déjà des systèmes de taxation basés sur le kilométrage. Le Royaume Uni a officiellement évoqué l’idée d’une road pricing tax pour compenser la disparition progressive des taxes sur le carburant, selon des déclarations du Trésor britannique relayées par la presse spécialisée. En France, des précédents existent, notamment avec l’écotaxe poids lourds, même si elle a été abandonnée, ou encore avec certaines expérimentations régionales comme en Alsace. Ces exemples montrent que le principe n’est pas nouveau, mais que son acceptation sociale reste un enjeu central.